Lutte contre le Harcèlement à l’Ecole : quand le rire n’a plus sa place
Harcèlement

Lutte contre le Harcèlement à l’Ecole : quand le rire n’a plus sa place

En cette journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école, je tiens à apporter un éclairage qui me tient particulièrement à coeur.

De nos jours l’image de soi que l’on voit fleurir sur les réseaux sociaux renforce une image de soi faussée et pourtant glorifiée. C’est aussi par conséquent le lieu de moquerie, de diffusion d’images humiliantes souvent prises à l’insu de la victime.

Quelle différence fait-on entre le rire et la moquerie ? Jean-Christophe Seznec, psychiatre et co-auteur de Pratiquer l’ACT par le clown (Dunod, 2014) explique que le rire n’a plus sa place dès qu’il est moqueur ou vengeur.

Bruno Humbeck, psychopédagogue et chercheur en pédagogie familiale et scolaire, explique que l’émetteur dans le cas de harcèlement (cyber ou dans la vie) exerce sa domination souvent par la moquerie et se cache derrière ce qu’il évoque comme étant de l’humour pour mieux humilier sa victime. C’est ainsi que le harceleur transforme d’autres agresseurs en complices. Or pour rire il faut un émetteur et un récepteur, et entre les deux, un véhicule : l’audition, la vue, le toucher et le mouvement (kinesthésie), et parfois l’olfactif. Et ce qu’il nous faut préciser ici c’est que ce n’est pas l’émetteur qui définit si c’est drôle ou pas, mais le récepteur. L’émotion reçue face au rire que l’on provoque est à protéger. Sinon comme le disait si bien Coluche :

 « Tant qu’on fait rire, c’est des plaisanteries. Dès que ce n’est pas drôle, c’est des insultes ».

Nathalie Anton, psychologue et professeur en collège et lycée, explique que dans les cas de violence psychologique, le rire n’a plus sa place. Elle préconise, pour faire face au harcèlement, de ne pas banaliser ces micro-agressions. La victime fait face à un sentiment d’isolement et se convainc de sa médiocrité. D’où l’importance de renforcer l’estime de soi des enfants et des adolescents, de favoriser le dialogue dans la posture éducative et de ne pas entrer dans des jeux d’humiliation.

Le harceleur est souvent lui-même en situation de souffrance. En cette journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école, sur la page internet dédiée au harcèlement scolaire du Ministère de l’Education Nationale, on peut lire :

 « Il est important de contribuer à rendre les élèves capables de veiller à la qualité des relations interpersonnelles, de respecter autrui, d’être responsables du groupe, de prendre les initiatives qu’il faut pour soutenir, aider, consoler ceux de leurs pairs qui sont victimes, et de raisonner ceux qui sont auteurs de harcèlement. » 

Ministère de l’Education Nationale : https://www.education.gouv.fr/cid122362/non-au-harcelement-le-harcelement-pour-l-arreter-il-faut-en-parler.html

Rire

Selon Catherine Gueguen, pédiatre, l’excès de stress provoque la diffusion du cortisol, inhibe la neuro-plasticité du cerveau et la possibilité de résilience. Pour elle, le développement des compétences socio-émotionnelles est le meilleur rempart contre la violence ordinaire et les comportements néfastes.

Donc le rire est une manière formidable de soutenir les actions pour se développer et grandir. Il permet à l’individu en situation d’accompagnement de développer le respect du cadre, le droit à l’erreur, la créativité, la motivation, les capacités de mémorisation, l’estime de soi, la prise de recul. Rire avec les autres favorise la complicité et le rapprochement, la détente et le lâcher prise dans un cadre ludique, la confiance mutuelle sans jugement, la coopération.

Je suis coach certifiée, j’accompagne les adolescents à prendre confiance dans leur apprentissage et donner du sens à leur avenir pour soutenir leur réussite. Le rire et la joie font partie de mes accompagnements. Animatrice certifiée en yoga du rire, clown par une approche gestaltiste j’ai acquis la conviction que le rire permet de travailler sur soi avec douceur et bienveillance. Par un regard décalé, le rire soutient les personnes à traverser leurs difficultés.

Apprenons à le mobiliser ensemble pour qu’il trouve sa juste place.

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